Brise - coeur
02/05/2007 18:38 par Pomponnette
Bien sur, avec le recul, je sais que j'aurais dû t'appeler après ces aveux, ... ma non réponse a sonné le glas de notre histoire.
Je suis retournée à ma vie parisienne ... Mes études, mes nouveaux amis ... Tu m'es sorti de la tête.
On devait surement se croiser durant mes visites à mes grands parents, bonjour - bonsoir, je ne m'en souviens même plus, c'est tout dire ! Je n'ai plus jamais dormi là -bas ... je n'y étais plus que de passage (rien à voir avec toi, cependant)
C'est cette année là que j'ai connu mon futur mari, que notre histoire s'est construite ... S'en est suivi notre mariage 3 ans plus tard ... nore premier bébé l'année suivante ... puis un autre ... puis un autre.
Toi, tu as quitté le village, tu travaillais ailleurs; nos occasions de se croiser se limitaient au méchoui, une fois par an, à une période où je me trouvais toujours au Pays en célibataire. Toujours gentil, tu venais me dire bonjour, me faire la bise, papoter deux minutes, et voila. Ca me faisait un peu d'effet quand même, et puis je trouvais tes regards appuyés ... Peut-être que je me trompe, mais j'y ai toujours vu un restant de sentiment pour moi.
Je me souviens aussi de mon cousin me racontant ta réaction à l'annonce de mon mariage ... apparemment, ça ne t'avait pas rempli de joie ...
N'empêche, j'avais ma vie, ma petite famille, même si d'année en année, les choses remontaient de plus en plus à la surface.
Tu as fini par te marier toi aussi (8 ans après moi), et revenir t'installer au village. Ca m'a fait drôle, mais après tout, moi j'avais bien fait ma vie, ... je ne vous souhaitais que du bonheur.
Publié le 13 Octobre 2006
Ta réponse ne s'est pas fait attendre ... je l'ai toujours conservée.
.... Tu n'étais pas allé au bal par hasard, tu te doutais que j'y serais... (Domage que je n'y ai pas pensé moi-même!)....
.... Tu aurais aimé qu'on puisse se dire plus que bonjour ...(Etant donné les circonstances, je comprends bien que tu n'avais plus grand chose à me dire ... )
.... Pour toi, rien n'avait changé, sinon tu me l'aurais dit avant que l'on ne se revoit ... (Satané silence qui empoisonne et fausse tout !)
.... Tu ne m'en veux pas et tu t'excuses d'être parti sans me dire au revoir ... (Comble de tout, c'est toi qui t'excuses ...)
Et ta déclaration, la seule, mais ... "Il y a des moments çà où j'éprouve pour toi quelque chose de tellement fort qu'il vaut mieux pas que je t'en parle..."
Mais si, çà aurait mieux valu ! Me le dire, me l'écrire, me le répéter ! J'avais besoin de çà pour réfléchir à mes propres sentiments ...
J'ai lu, relu cette lettre, puis l'ai rangée dans un tiroir, et à nouveau le silence s'est installé entre nous.
Publié le 12 Octobre 2006
J'ai beaucoup réfléchi, appris ... Jouer avec les sentiments des gens, c'est vraiment lamentable ... Ca m'a rendue aussi malheureuse que si je m'étais fait quitter moi-même .
En rentrant à Paris, j'ai pris ma plume et tenté de m'excuser.
Dans les grandes lignes, j'ai dû évoquer ce silence entre nous depuis deux mois ... Te demander de ne pas m'en vouloir, et emettre le souhait de voir durer notre amitié au-delà de çà ... A la relecture, je sentais bien qu'il manquait quelque chose dans cette prose impersonnelle. Je me pensais sans coeur, je pensais aussi à la difficulté de construire quelque chose avec nos deux vies si éloignées géographiquement, et si différentes. Et puis il y avait aussi le facteur "parents" et "grands parents" ... Ca me semblait si compliqué et improbable ! Tout çà, je ne t'en ai pas fait part. Il aurait peut-être pourtant fallu commencer par être honnête et t'ouvrir mon coeur. Mais çà aurait impliqué de me dévoiler ... Cà n'était pas dans mon caractère (Cà n'y est toujours pas de façon naturelle...).
Et puis je me disais que le destin peut-être nous rapprocherait un jour ... je ne savais pas encore que le "destin" a souvent besoin de sérieux coups de pouce !
Publié le 12 Octobre 2006
Il est vrai que de retour dans la capitale, ma vie n'était plus la même ; nouveau lycée, nouveaux amis ... parmi lesquels mon futur mari. J'étais super occupée, tu me semblais si lointain, dans une vie tellement différente ! Et puis, j'étais jeune, j'avais besoin de mouvement dans ma vie, et toutes ces nouvelles connaissances ont rempli mon esprit ... notre petite histoire est devenue dans mes pensées une amourette comme une autre. Et puis, pas de nouvelles .... jamais. J'ai pensé que tu avais autre chose à penser .... On n'avait pas assez construit pour qu'il reste quelque chose après ce grand blanc dans notre histoire.
Deux mois plus tard (seulement! aurais-je tendance à penser aujourd'hui!), à mon retour au pays, je pensais à toi avec une certaine tendresse mais sans plus. Difficile, aussi, d'analyser ses sentiments à 18 ans ...
J'ai eu l'occasion de te revoir (encore un bal de pays) ; hélas, je n'y étais pas allée seule, mais avec un ami, que j'ai eu la faiblesse de laisser faire plus que m'accompagner.... enfin, bon, l'horreur ! J'ai réalisé que tu étais là , puis que tu étais parti .... mal, mal, mal, j'étais si mal, si honteuse, si malheureuse de t'avoir fait de la peine pour une bétise. J'ai envoyé ballader ce "copain" en question ... et j'ai pleuré comme un bébé d'avoir tout démoli. Je me suis dégoûtée, vraiment. C'est la première fois que je faisais du mal à quelqu'un, et à toi, gentillesse incarnée ... l'horreur ! J'ai passé plusieurs jours à tourner en rond, à m'en vouloir si fort ... Tu n'avais pas oublié ; contrairement à moi, et malgré ton silence, tu n'avais visiblement pas cessé de ressentir quelque chose pour moi ...
Sentiment d'être sans coeur, dégoût de moi, je crois que j'en ai autant souffert que si j'avais subi une rupture.
Publié le 11 Octobre 2006
Très très sagement, nous avons continué à nous retrouver le soir dans ma chambre, à écouter de la musique. Honnetement, je pense que je n'aurais pas dit non si tu avais voulu aller plus loin ... j'avais déja ... j'étais très amoureuse, j'avais confiance en toi. Je me demande si c'est ta timidité, ou une forme de "respect" pour moi, ou simplement la peur, qui t'ont retenu, même sachant qu'on ne se reverrait pas tout de suite. Pour ma part, j'ai toujours pensé que si on avait fait l'amour (oula ! c'est dur à écrire, ça!), je me serais sentie plus engagée envers toi. et la suite n'aurait peut-être pas été si désastreuse .... Enfin, je me trompe peut-être ... je ne crois pas, je me connais.
Mes parents sont rentrés, je suis repartie à Almont finir mes vacances avec eux. Seulement 35 km nous séparaient ... mais on n'avait rien prévu pour se revoir. Bizarre ... notre timidité à tous les deux, sans doute. Ah si ! Je t'ai vu débarquer au méchoui, enfin après, au moment du bal ... ma mère, même pas surprise m'a annoncé t'avoir vu : "quoi ? Où ?" J'ai eu tôt fait de te retrouver, et on a passé la soirée ensemble, loin des regards de toute ma famille.
Puis il m'a fallu rentrer à Paris, reprendre ma petite vie, les cours, et notre tendre romance s'est arretée là . Pas de lettre, encore moins de téléphone ... rien.
Ca me semble même étrange quand j'y repense ...
Publié le 11 Octobre 2006
Du haut de l'escalier, je te voyais arriver du chemin dans la pénombre ... Tu venais me rejoindre sur les marches, et on discutait très tard. Très sagement. Tu m'as proposé de m'emmener au bal samedi soir.
Je savais que ce n'était même pas la peine de demander la permission à mes grands parents ... alors j'ai décidé de "faire le mur". Tout excitée du risque que je prenais (tes copains du village y allant aussi, il avait pas mal de risques de "fuites"), j'ai vu arriver le Samedi soir toute heureuse.
A l'heure dite, j'ai fermé la maison à double tour, et je suis allée te rejoindre sur le chemin. Il faisait nuit noire une fois sortie du halo du lampadaire, et je m'avançais vraiment en aveugle vers toi ... j'espérais tomber dans tes bras ... Mais bon, apparemment, c'était pas encore l'heure ! Tu m'as conduite vers ta voiture ... je me sentais toute tremblante d'émotion (un peu comme une jeune fille allant à son premier rendez vous quoi ...). J'ai trouvé que tu conduisais super bien ... complètement sous le charme ...
Et puis, classiquement : le bal, la danse, la chaleur, et on va faire un petit tour dehors.
Un petit pont ... je me penche, et lorsque je me redresse en me retournant, tu es là , derrière moi, tu m'a enlacée, et tu m'embrasses. La fin du bal est ponctuée de tendres slows ...... et nous rentrons sagement faire dodo chacun chez nous.
Publié le 11 Octobre 2006
Petite pause dans notre récit ... je voudrais te faire part d'autre chose, qui appartient au présent.
Ce week-end, nous avons eu la visite de Jacques et Odette. Arrivés pour déjeuner avec nous samedi midi, ils sont repartis le soir vers le Laquet et mes parents.
C'était très important pour moi. L'influence de Jacques est quelque chose qui existe dans ma vie, on ne peut pas le nier. J'en ai peut-être encore plus conscience depuis que j'ai quitté Paris.
Son enthousiasme pour notre maison, notre environnement, m'ont touché au coeur. Avant de partir, il nous a même dit qu'il nous enviait, d'avoir eu le courage de tout quitter (pour son grand malheur a-t-il ajouté néanmoins), pour avoir une autre qualité de vie. J'ai eu envie de lui répondre que personnellement, il ne s'agissait pas tant de courage, que de lacheté ; j'ai toujours ce sentiment de m'être "sauvée" de Paris pour quitter tous mes soucis. N'empêche, sa petite phrase m'a fait beaucoup de bien ... c'était peut-être la phrase que j'attendais pour me défaire de ma culpabilité (enfin d'une petite partie, car vu la dose que je traine depuis trois ans ...........)
Publié le 09 Octobre 2006
Ce fameux été, donc, me revoila en vacances au village. De cette période, je me rappelle de l'odeur de la glycine ... encore aujourd'hui, je n'ai qu'à la sentir, en fermant les yeux, pour m'y replonger.
La vie était douce, et je suis totalement tombée sous ton charme. Mes cousins sont partis, je suis restée seule avec mes grands parents.
Et là , je t'ai vu changer du tout au tout ... Je te trouvais d'un coup beaucoup plus à l'aise. Et puis tu me regardais différemment ... j'ai compris sans peine tes sentiments, et j'étais heureuse dans cette attente que tu te déclares. c'était tous les jours un nouveau bonheur en ouvrant les yeux : "aujourd'hui, peut-être ??"
La journée, tu travaillais à la ferme, avec ton père ; je guettais ton passage, et n'étais jamais loin ... (ta moto pétaradante t’annonçait de loin …)
Le soir, je dormais seule dans la seconde maison ... mes grands parents ne voyaient pas d'un très bon oeil de me voir dehors le soir seule avec toi. Alors, je faisais semblant d'aller dormir, disais bonne nuit à tout le monde ... et tu arrivais dans la pénombre dès que la clé avait tourné dans la serrure de la maison d'en haut.
Publié le 05 Octobre 2006
Je suis face à ce cadre blanc .. finalement, qu'est-ce que je vais te raconter ici ?
Je pense souvent à toi -tous les jours- et puisque tu as choisi de partir, ce 2 mai 2001, me laissant un si grand vide, et un tel sentiment d’inachevé dans notre relation, j'ai choisi de me rattraper. Je mourais d'envie d'aller te voir et de te parler, je n'ai pas souvent osé ... je le regrette tellement ; aujourd'hui, je vais te confier tout, tout ce que j'ai envie que tu saches.
On va tout reprendre au début ... au tout début.
Au tout début, il y avait un petit village ... la maison de mes grands parents où je passais les vacances avec mes cousins. Des jeux dans la campagne, raquettes, jeux de piste, vélo sur les "reliques" comme on les appelait ...
Et puis une année, avec ma cousine et mon cousin, on a fini par faire connaisance des voisins ; des jeunes comme nous, dont toi.
Sauvage, beaucoup moins expansif que tes soeurs ... bizarement cet effacement m'attirait beaucoup.
Le soir, on se retrouvait en "bande de jeunes", parlant, se chamaillant jusqu'à être rappelés à l'ordre par les parents pour rentrer se coucher. Lorsque je suis partie, j'ai supplié ma cousine de te donner mon adresse (déja bien trop timide pour te la donner moi-même). Je devais avoir 16 ans.
On s'est écrit, de-ci, de-là , mais l'éloignement, nos vies respectives si différentes ont fait que les choses se sont espacées tout doucement, je ne me souviens même pas comment ni exactement quand.
A paris, j'ai commencé à avoir des petits copains (enfin un, le premier, toi sans doute quelques copines (quoique, je ne sais pas ...) . Lorsque je retournais au village pour les vacances, mes cousins n'étant pas là , on se voyait de loin "bonjour" et puis c'est tout. Est-ce l'été suivant ? Non l'été suivant, j'étais avec le fameux "premier". Surement celui d'après, en tout cas c'était celui de mes 18 ans.
Voila. Muette depuis environ 6 ans (dernière date à laquelle je t'ai parlé je crois ...), aujourd'hui, je crée ce blog pour te parler ... de tout, de rien, mais aussi de choses graves, comme à un ami, quoi.
De là où tu es, m'entendras tu ? Ce seront mes "lettres à l'absent", juste entre toi et moi, puisque je protège ce blog d'un mot de passe, et qu'il restera tout au fond de moi ....
Publié le 02 Octobre 2006