Bouton de rose
04/05/2007 18:12 par pomponnette
Il faut vraiment que je tourne la page … de toute façon il est trop tard pour tout … me torturer n’y changera rien. Publié le 02 Novembre 2006
Il y a quelques jours, je suis passée au cimetière ; j’ai déposé un bouton de rose parmi les fleurs déjà en place. J’imagine qu’il va voler par terre lors du nettoyage d’automne que ta famille fera pour la Toussaint.
Ignoré, balayé…à l’image de mes propres sentiments.
Je ne sais pas si tu me vois, je ne sais si tu m’entends, à vrai dire je n’y crois pas, et pourtant j’éprouve ce besoin de me rendre près de ce qu’il reste de toi, et de t’offrir une fleur, deux fleurs, … un tout petit quelque chose de moi … je ne sais pas comment expliquer çà. Je me sens plus sereine après, comme apaisée.
C'est comme le fait d'écrire ce blog pour toi, en m'adressant à toi ... bien sûr, je sais que tu ne le lis pas, bien sûr, je sais que tu ne m'entends pas, bien sûr ... Mais tout ce que j'ai tapé sur mon clavier m'a fait réfléchir à mes sentiments, à mes pensées profondes face à tout ça. Ca m'a fait du bien, j'ai l'impression que mon deuil et mes interrogations existent enfin quelque part, je vais pouvoir m'en libérer la tête.
Je penserai toujours à toi, mais mes doutes, mes regrets, je les ai mis là , dans mon blog, ils sont formulés, je n'ai pas à revenir dessus. Je me sens comme libérée de tout ce poids .....
Je vais tenter de ne conserver de toi que cette grande tendresse que je garderai toujours, et les quelques souvenirs qui me font chaud au coeur.
Parfois, je doute. N’ai-je pas inventé notre histoire de toute pièce, en m’appuyant sur des impressions, et surtout comme exutoire à ma vie qui me paraissait si nulle ? N’ai-je pas idéalisé ta vie et trouvé ce moyen pour m’y raccrocher ? J’en avais tellement marre de ma banlieue que des fois je me disais que j’aimerais être une de tes vaches …
Pour toi, notre amourette n’avait peut-être été qu’une amourette après tout … Ne me suis-je pas trompé ? N’ai-je pas pris ta gentillesse pour des sentiments que tu ne me portais plus depuis longtemps ?
Je ne faisais en aucune façon partie de ta vie … j’étais tout juste une ancienne petite copine qui repassait de temps en temps au village pour visiter sa famille … Point.
L’impression de m’être construit un film, d’être partie dans une troisième dimension pour échapper à mon quotidien …J’ai brodé, enjolivé, interprété malgré moi, mais ton monde n’était pas le mien, je n’avais rien à y faire. Et aujourd’hui non plus.
Sur ta tombe, il est inscrit : « PB et sa famille » … Je ne suis pas de ta famille ; même dans ton au-delà je n’ai pas ma place … Je ne me sens même pas le droit de pleurer au même titre que tes proches … ma peine me fait l’effet d’être illégitime … elle n’a pas à exister si rien n’existait entre nous !
Ces doutes m’effleurent, me tournent autour … mais mon intime conviction reste la même. En mon for intérieur, je sais que je n’ai pas inventé toutes ces choses que j’ai ressenties … je n’ai qu’à me rappeler ton regard sur moi, et ce « hasard» qui nous faisait nous rencontrer de nombreuses fois lors de mes passages au village …
Il y a toujours eu une place pour toi dans mon coeur, et j’en avais une dans le tien … Et tu garderas toujours la tienne, bien au chaud, là.
Publié le 28 Octobre 2006
Et il faut continuer à vivre avec ça.
Toujours je pense à ta femme, tes enfants, tes parents, tes soeurs, et je ne me sens pas le droit d’exprimer ma peine, du moins de la montrer.
Lorsque je me rends sur ta tombe, c’est toujours à l’abri des regards, et les fleurs que j’y dépose sont minuscules bien que chargées de toute ma tendresse . Je ne voudrais pas provoquer l’interrogation de quiconque … Pour la même raison, je n’ai jamais partagé mon deuil avec qui que ce soit : comment arriver à expliquer ce lien que je sentais entre nous ? Comment quelqu’un pourrait-il comprendre où ma peine prend sa source ? Qui étais-tu pour moi, qui étais-je pour toi ?
Tous les non-dits qui ont plané sur notre relation font que je me retrouve avec des sentiments tellement ambivalents, et des interrogations qui resteront, j’en ai peur, sans réponse à tout jamais !
Le doute quand à mon éventuelle part de responsabilité : le mal que je t’ai fait était-il resté en toi, comme une fêlure ? Ce que je lisais dans tes yeux, ces sentiments que je croyais y déceler, existaient-ils toujours ?
Le regret de ne pas avoir su te demander pardon, de n’avoir pas pris le temps de te parler, de te rendre visite, … et tout simplement de ne pas avoir profité de ta présence ; juste parce que je n’ai pas osé.
Cette question : si tu avais fait ta vie avec moi, l’aurais-tu quittée de la même façon ?
Par ton départ, tu as fait éclater la « bulle de vie » que je retrouvais dans notre village ; à présent, j’ai l’impression de m’y promener comme une zombie.
J’ai perdu le sentiment de m’y ressourcer, je m’y sens plutôt comme à un pélerinage. Le silence qui y règne, loin de m’apaiser me ramène sans cesse à ton absence. Je regarde le chemin, je m’attarde sur les lieux qui ont bercé nos souvenirs, et je n’y trouve que silence et vide. L’espace d’un instant, le parfum de la glycine que je hume les yeux fermés me ramène à toi vivant … me vole quelques larmes … c’est fini ; c’est si fugace …
Publié le 28 Octobre 2006
Terrible choc pour tout ton entourage ... je passerais sur ces moments terribles. J'ai assisté à tes funérailles en me sentant un peu décalée dans mes sentiments ... J'étais tellement touchée par la peine qui affligeait tes proches, que je ne me suis pas autorisée à vraiment laisser sortir ma propre peine.
C'est venu plus tard...
Et cette question, taraudante, obsédante : pourquoi ?
Tu n'as rien laissé pour expliquer ton geste, tes amis, ta famille n'ont rien vu venir (du moins c'est ce qu'ils ont dit). Le silence, encore, et cette fois-ci pour toujours.
Comme dans toute petite communauté, les on-dit, les supputations sont allés bon train ... De ce que m'ont rapporté ma mère ou mon oncle, sous une apparence trompeuse, tes rapports de boulot avec ton père n'étaient pas si simples .... pour des raisons qu'on ne connait pas, certains t'avaient vu pleurer ..... déprime, dépression ? D’autres ont évoqué l'hérédité, ton grand père et ton oncle ayant mis fin à leurs jours eux aussi .
On ne saura pas. Ceux qui ont des éléments de réponse les garderont bien enfouis comme secret de famille.
Posté le 23 Octobre 2006
Je crois que si l'on faisait un sondage, le mot qui reviendrait le plus souvent dans mes posts jusqu'ici serait le mot "vie"...
Tout ça pour en arriver à ce néant ...
Tu as décidé, par une belle journée de printemps, de tout quitter, de tout balayer d'un coup de gachette. D'une balle dans la tête.
Le blanc. Le choc. Le silence. A tout jamais.
Difficile encore aujourd'hui de mettre des mots sur ce chaos ...
Posté le 19 Octobre 2006
La vie est une chance, saisis-la
La vie est beauté, admire-la
La vie est habitude, savoure-la
La vie est un rêve, fais-en une réalité
La vie est un défi, fais-lui face
La vie est un devoir, accomplis-le
La vie est un jeu, joue-le
la vie est précieuse, prends-en soin
La vie est une richesse, conserve-la
La vie est amour, jouis-en
La vie est un mystère, perce-le
La vie est promesse, remplis-la
La vie est tristesse, surmonte-la
La vie est un hymne, chante-le
La vie est un combat, accepte-le
La vie est une tragédie, prends-la à bras le corps
La vie est une aventure, ose-la
La vie est bonheur, mérite-le
La vie est la vie, défends-la.
Mère Thérésa
Publié le 16 Octobre 2006
Pour nous deux, je savais que c'était trop tard, ou peut-être beaucoup trop tôt ... J'avais toujours la croyance qu'un jour le destin peut-être, si ça devait arriver ....
En attendant, je me morfondais dans la vie où je m'étais engluée, et le pire c'est que je ne voyais vraiment pas d'issue. Avec mon mari, c'était cahin caha, la routine se chargeait de m'occuper assez l'esprit pour ne pas avoir le temps de m'appesentir trop sur mes sentiments. Mes enfants me comblaient, et me permettaient de supporter mon boulot et ma "prison dorée".
J'avais des gros coups de déprime, surtout à l'automne, beaucoup de pleurs ... pleurs sur ma vie et sur moi-même en fait. L'impression d'être nulle, transparente, lâche .... Je pense que je suis passée par des moments de dépression (ou de mélancolie). C'était très dur et ma solitude dans ma peine agravait encore les choses ... Lo ne comprenait pas, ou du moins ne mesurait pas l'ampleur de mon ras le bol et de l'état de mon mental.
Heureusement, les enfants étaient petits, leur energie et leur amour m'ont portée ... je les aime tant !
Pour eux, je n'ai pas eu le choix, j'ai tenu le choc, et entre deux moments de déprime, il faut dire aussi que j'ai eu de grandes joies !
Publié le 16 Octobre 2006
Mes sentiments durant cette période étaient plutôt étranges ...
J'adorais venir au village, pas tant pour visiter ma grand-mère et mon oncle que pour la bouffée d'oxygène que me procurait ce lieu. Ce petit village si calme, qui me ramenait à tant de bons souvenirs, c'était ma bulle d'oxygène... La glycine, la fontaine, autant de sensations (odeur, son, flashbacks) que j'adorais retrouver.
Tu faisais partie de cette bulle .... comment expliquer ? ... Pour moi, l'âme de ce lieu peut-être ... Le sentiment qu'une petite partie de moi appartenait à cet endroit, grace à toi, grâce à la petite place que j'avais eu un jour dans ton coeur et dans tes pensées.
Te voir dans ta petite vie, voir ta maison et ta famille se construire, ça ne me faisait pas de mal, du moment que je ne m'en sentais pas totalement exclue. Pour moi, et compte tenu de la vie que je menais à Paris et qui se situait aux antipodes de la tienne, tu incarnais la sérénité, la réussite, et pour cela je t'enviais.
L'image que j'avais de ta vie, ton entourage, tout ce qui gravitait autour de toi, tant au niveau familial (tes parents, tes soeurs, là , tout près) qu'au niveau du village (le comité des fêtes, les amis d'enfance devenus voisins solidaires) ... c'était l'image parfaite de la vie que j'aurais voulu mener, et que j'aurais voulu offrir à mes enfants.
Je repartais de mes visites au village, avec le sentiment heureux de m'être ressourcée, regonflée de t'avoir vu, peut-être parlé, toujours le même dans ton univers , sentiment mélé de la peine de quitter cet endroit "bulle de vie" sans aucun espoir d'en faire partie un jour.
Publié le 16 Octobre 2006
Fontaine,
Tu es l'âme de notre village,
Témoin de nos émois,
Tu étais là hier,
Témoin de ma douleur,
Tu es là aujourd'hui.
Fraîche et vive,
Chantante et douce,
Auprès de toi ma belle,
Je ferme les yeux,
Ta caresse sur ma main
C'est un baume à mon coeur;
Ta fraicheur sur mes lèvres,
C'est la vie qui me retient.
Publié le 15 Octobre 2006
Malgré nos vies respectives, tu as repris une certaine place dans mon coeur ... Ca a dû vraiment commencer l'année de naissance de mon plus jeune fils. Notre histoire avec mon mari commençait à s'essoufler (du moins pour moi) ... je provoquais un peu plus mes passages au village. Moins timide, j'ai crée quelques liens avec ton père, j'osais même aller te voir, sous le prétexte de montrer la traite ou les bêtes à mes enfants. Et toujours ton regard sur moi .......
Je me souviens du méchoui de cette année là, justement ... une fois de plus seule avec mes bambins; je n'ai pas cessé de te suivre des yeux toute la soirée. tu me faisais littéralement craquer ... et c'est aussi ce soir-là que j'ai fait connaissance avec ta femme ... (charmante, d'ailleurs)
Il n'était évidemment question de rien entre nous, mais je me prenais à regretter d'avoir mis un terme à ce qui aurait pu être notre histoire ... Il faut dire aussi que ma vie parisienne me devenait de plus en plus insupportable, je n'aspirais qu'à partir vivre à la campagne, j'enviais vraiment ta vie. Je me disais que si je ne la partageais pas aujourd'hui, c'était entièrement de ma faute.
Enfin, j'étais bien consciente que rien ne m'assurait que notre histoire aurait pu durer jusque là ... ni que tu en aurais eu la moindre envie …
posté le 13 Octobre 2007